Dominique A

Posté par stcyr le 17 avril 2012

Dominique A.
On me l’a fait decouvrir avec « la memoire neuve ».
J’en aimais beaucoup surtout « Je ne respire plus, Milos ».
J’eu sur cette chanson ce phenomene amusant de comprendre apres moult ecoutes une ligne des paroles que j’avais interprete faussement a ma facon depuis le debut.
« Ma haine a fait son choix et sur moi est tombee » etait dans ma tete « Maheine a fait son… » a cause de ma cousine qu’on surnomme Maleine?
Sa soeur, jeune, avait pense longtemps que Sardou chantait « Mecher part en debol » ou quelque chose comme ca a la place de « Mes chers parents , je vole.. »
Qu’importe l’obscurite, l’auditeur entendra toujours quelque chose, meme loufoque et incomprehensible pour tout autre.
Peu apres, j’avais lu une interview dans « Les inrocks » pour la sortie de « remue » qui m’avait degoute d’en ecoute plus.
Suant la pretention intellectuelle, Dom A. y clamait sa prevention contre la popularite et le succes commerciale, revendiquant un hermetisme elitiste.

Quelques annees apres, j’accedais a Napster et a une connection illimitee. Je telechargais plusieurs Auguri.
« en secret », « les hommes entre eux », « les enfants du piree »…
Ce dernier titre me fit l’effet cover de « salut les amoureux » pour Miossec, un (re) introduction a un interprete, un univers.

Enfin, je tombais sur cette interview inhabituellement sincere sur Arte Radio :
Maintenant, j’ai de nouveau envie de reecouter ce chanteur a l’heure ou Libe discute du fait qu’il pourrait etre le nouveau Bashung maintenant que la place est libre (sic).
Ne faites pas les cons, il n’a pas besoin d’etre abscon pour etre bon.

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HFT bio

Posté par stcyr le 12 avril 2011

hft

On peut se faire une bio, plus ou moins imaginaire de Thiefaine, au travers de ses textes.
Tout commence « When Maurice meet Alice » 2005
« Ils étaient sortis de l’enfance
Comme des fantômes d’un vestibule
Avec un fichier sur leurs chances
& des fleurs sur leurs matricules
Elle était belle comme un enfer
Avec ses yeux bleus d’insomnie
Il était fort comme l’est un père
Quand on le regarde petit
(…)
Elle, elle etait surtout fortiche
Pour faire les mômes & les aimer
Lui, il rallumait sa cibiche
Avant de partir pour pointer
& nous on était la marmaille
Disciplinée mais bordélique
A les emmerder vaille que vaille
Pour les rendre plus prophétiques »
Aprés guerre, donc…

St Empire Romain Germanique 78

« Tout comme ses autres copains mon père
S’en revenait de Germany
Quand on leur a dit les petits pères
Faut nous faire de la démographie
Moi c’est comme ça que j’ai débarqué
Par un beau matin aux aurores
La guerre venait de se terminer
On revendait les miradors(…)
Pourtant on m’a donné l’enfance
D’un petit Français bien rassasié
Jusqu’à l’école où Mendès France
Venait nous donner la tétée »

Mendes-France fait distribuer en 54 un verre de lait par écolier, puis dans les casernes.
Souvenir de lait dans « la ruelle des morts » 11
« Avec nos bidons en fer blanc
On descendait chercher le lait
A la ferme au soleil couchant
Dans l’odeur des soirs de juillet
On avait l’âge des confitures
Des billes et des îles au trésor
Et l’on allait cueillir les mûres
En bas dans la ruelle des morts
(…)
Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs 16 ans
Pour une bouiffe de Royale Menthol »

Autre version de l’adolescence dans

Villes natales et frenchitude 90
« Voici la statue du grand homme
Sous le spectre des marronniers
Où l’on croqua la première pomme
D’une quelconque vipère en acné
Et voici les murs du lycée
Où t’as vomi toutes tes quatre heures
En essayant d’imaginer
Un truc pour t’arracher le coeur »

Enfin, adulte, chanteur.
Il est facile de partager la discographie et donc, le vie supposée en regardant les pochettes:
78/80
Les pochettes de « tout corps vivant.. », « autorisation de delirer », « de l’amour,… » montrent ou pas un thiefaine méconnaissable, grimé et baba cool. Il débute et ses influences se font fortement sentir encore.
Il ecrit sa propre version de « la vie d’artiste » de Ferré dans « Je t’en remets au vent » 78
Il s’essaie aux alliterations en o à la Gainsbourg dans « l’amour mou » 80
Il exprime un nihilisme politique teinte d’un souci ecologique dans « homme politique, le roll-mops ou la cuve a mazout », « Alligators 427″ 79.
Il se réfère dans cette dernière au « grand merdier (ou l’espoir pour demain) » de Louis Leprince-Ringuet paru en 78. Le folk y côtoit dada. Il s’y fait le chantre du chanvre dans « la fille du coupeur de joint » 78.
C’est le temps des relations qui se finissent « je t’en remets au vent », « Vendome gardenal snack ». Ce dernier titre laisse deviner la prochaine phase.

81/82
Cette paire de couverture illustre le tournant rock/drogue dure.

« Les dingues et les paumes » 81
« Puis ils disent à leur reine en riant du boycott
La solitude n’est plus une maladie honteuse
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso
Mon cheval écorché m’appelle au fond d’un bar
Et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
M’invite à faire danser l’aiguille de mon radar »

Les ruptures sentimentales sont remplacés par des overdoses et des des enfermements psychiatriques.

Une fille au rhesus negatif 81
« Je regarde l’aiguille s’enfoncer dans ta peau (…)
Un aigle lentement tourne autour de ta chambre (…)
Les ambulances attendent le long des terrains vagues »

redescente climatisee 81
« Petite gosse fugitive accrochée dans mes nerfs
Je t’ai rêvée ce soir au fond d’une ambulance
Qui me raccompagnait vers mes verts paradis »
autoroutes jeudi d’automne 82
« Elle m’envoie des cartes postales de son asile
M’annonçant la nouvelle de son dernier combat
Elle me dit que la nuit l’a rendue trop fragile
Et qu’elle veut plus ramer pour d’autres Guernica »

mais surtout Exil sur planete-fantome 81
raconte la vie de junkies avec les copines se prostituant …
« En ce temps-là nos fleurs vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins
(…)
Mais entre deux voyages, entre deux verres d’alcool
Nous n’avions pas le temps de décompter nos heures
(…)Aujourd’hui la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide
(…)
Mais je veux vivre encore plus ivre de cramé »
La frequetation des putes encore:
cabaret sainte Lilith 81
« Tu sais comment, comment ça jouit
Les mecs complètement stress
Qui t’réclament aux toilettes
Une p’tite canette, une p’tite fumette
Une reniflette, une seringuette
Une bonne branlette
Et pis ça joue ! Ca jouit ! »
ou Lorelei Sebasto cha 82
« Mon blues a déjanté sur ton corps animal
Dans cette chambre où les nuits durent pas plus d’un quart d’heure
(…)Tu me dis reprends ton fric aujourd’hui c’est gratuit
Lorelei Lorelei
Ne me lâche pas j’ai mon train qui déraille
Lorelei Lorelei
Et j’suis comme un cobaye qu’a sniffé toute sa paille

Tu m’arraches mon armure dans un geste un peu lourd
En me disant reviens maintenant je te connais
Tu m’rappelles mes amants rue Barrée à Hambourg »

84/93
Thiefaine est maintenant sur les pochettes. Les deux precedents album l’ont fait connaitre
à une generation (la mienne et celle de mon frere ainé) post punk.
Il ne chante plus la deche mais les tournées, les aeroports, les insomnies…
L’alcool semble prendre le pas sur la drogue.

Dans nyctalopus airline 84
« Au nom du père au nom du vice
Au nom des rades et des mégots
Je lève mon hanap et je glisse (…)
Je leve ma Guinness et je glisse »
La peur durant les vols inspire :
Femme de Loth
« J’écoute siffler le vent à 11500 mètres
Pendant que ma voisine clignote sur mon vu-mètre
Et j’imagine son cri, ses crimes et ses dentelles »
un vendredi 13 à 5h
« Ce jour-là j’pèterai mon cockpit
Dans la barranca del muerto
(…)Et les anges de la dernière scène
Viendront s’affronter à ma trouille
Passeport, visa, contrôle des gènes
(..)Dans l’étrange ivresse des lenteurs
Et pour arroser mon départ
J’voudrais qu’mon corps soit distillé
Et qu’on paie à tous les traîne-bars
La der des ders de mes tournées »
Les amours de voyage dans la
Chambre 2023 (et des poussieres)

ou « zone chaude mome » 86
« J’vais p’t'être encore attendre avant d’mourir d’amour
J’entends des cons qui causent d’un éternel retour
Et j’ai pas très envie d’repartir à zéro »

Ce mode de vie est resumé

dans Errer humanum est 86
« Aplatis comme de vieilles pizzas
Lâchées d’un Soyouz en détresse
On cherche une nova cognita
Avec un bar et d’la tendresse
Mais trop speedés pour les douceurs
On balance vite les p’tites frangines
Pas prendre pour un courrier du coeur
Les pulsions des glandes endocrines »
Malgre tout, l’amour revient avec
« je ne sais plus quoi faire pour te decevoir » 88
La transition est racontée dans
542 lunes et 7 jours environ 90
« Une fille dans chaque port et un porc qui sommeille
Dans chaque salaud qui rêve d’une crampette au soleil
Et les meufs ça couinait juteuses et parfumées
Dans le bleu carnaval des printemps cutanés
J’en ai connu des chaudes à la bouche animale
A g’nou dans les toilettes ou dans la sciure des stalles
Hélas pour mon malheur j’en ai connu des pires
Qui voulaient que j’leur cause en mourant d’un soupir
Et puis je t’ai connue mais j’vais pas trop charrier
Attendu que j’suis lâche et que ton flingue est chargé »
L’enfant parait un
Septembre rose de 88
De nombreuse réferences à l’amerique du Sud culmine avec l’hommage à Malcom Lowry comme hymne à l’alcoolisme Pulque, Mescal y tequila 88

On remonte plus au nord avec Maalox texas blues 93
« De cuervos en margaritas
De Jack Daniel’s en Texaco
Le vent joue de l’harmonica
Sur la route de San Antonio (..)
De Michelob en Budweiser
Pas facile d’apprendre à mourir »

96/05
Fin de la periode rock&roll.
Les photos sont sobres, elles.
Si on peut supposer que Thiefaine s’est rangé.
Second enfant évoqué dans
Tita dong-dong song 96
L’alcool est bien présent dans
le Chaos de la philosophie 98
ou en belle-famille dans
27eme heure-suite faunesque
« Cette nuit-là je rentrais d’une réunion Tupperware
En compagnie du septième mari de ma douzième épouse
Complètement Johnny walkerisés »

Le nihilisme d’antan se lit maintenant comme une dépression en 2001
Eloge de la tristesse
Fastes de la solitude
encore dans l’étranger dans la glace 05
« Quand je regarde l’avenir
Au fond de mes yeux nécrosés
Le vide a des lueurs d’espoir
Qui laisse une ombre inachevée
Sur les pages moisies de l’histoire
Où je traîne ma frise argentée »

Jusqu’au burn-out d’apres Amicalement Blues.

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supplements d’information

Posté par stcyr le 8 avril 2011

 

hft_supp

 

HFT sort « supplements de mensonge ».

Le premier titre, promis à un certain succés, « la ruelle des Morts » est une évocation de l’enfance.Un truc marrant à faire est de trouver cette ruelle en en tapant le nom, Dôle sur google map. Mais quand à l’évocation du Dôle de son enfance, je préfere « Villes natales et frenchitude », 1990. Thiefaine confesse : »J’ai en fait vécu une dépression qui a duré quarante ans. Quand j’ai commencé la chanson, c’était probablement une façon d’extérioriser un certain nombre de choses. »
« En 2008, j’ai fait un burn out, un pétage de plombs. J’ai fini à l’hôpital, trois mois. »
« J’ai eu la tête occupée par des idées noires pendant 40 ans, alors quand on m’a enlevé ça, tout à coup, je me suis mis à avoir de la place »
Le Parisien 25/02/11
En effet, comparons:

« Villes natales et frenchitude », 1990
« Voici la statue du grand homme
Sous le spectre des marronniers
Où l’on croqua la première pomme
D’une quelconque vipère en acné
Et voici les murs du lycée
Où t’as vomi toutes tes quatre heures
En essayant d’imaginer
Un truc pour t’arracher le coeur »

« la ruelle des Morts » 2011
« Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs 16 ans
Pour une bouiffe de Royale Menthol
Je n’sais plus si c’était Françoise
Martine, Claudine ou Marie-Laure
Qui nous f’saient goûter leurs framboises
En bas dans la ruelle des morts »

« la fievre resurectionnelle » semble parler d’une relation epistolaire via internet oû la femme revée côtoie l’humanité connectée aux quatres coins de la planete. Cela rappelle « la ballade d’Abdallah Geronimo Cohen » 98 oû il évoquait une jeune fille dansant sur la world music par excellence d’Abdallah Geronimo Cohen, ultime produit d’une humanité melangée. Annabel Lee serait un hommage a Poe: http://www.poesie.net/annabel8.htm
La difference notable est que les réferences marines de Poe font place à la flore chere a Thiefaine. Que l’on songe au mediocre « défloration 13″ ou aux excellent « jardins sauvages », 2005

« j’aime rôder vers les fleurs perdues
Dans les jardins sauvages
Aux parfums d’ardoises et de rues
Des villes avant l’orage »

Au fond, c’est un petit gars de la campagne.

« Garbo XW machine » est une etrange ode à la voiture sexualisée.
On est perplexe à voir la bête si on tape XW machine sur google.
Une courte version du « Crash » de Ballard?
Stupide obsession pour les voitures qui s’exprimait deja dans « exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable » 98 : J’me sens coupable de ne pas être mort le 30 septembre 1955, un peu après 17 heures 40, au volant du spyder Porsche 550 qui percuta le coupé Ford de monsieur Donald Turnupseed.  »

« Petit matin 4.10 heure d’été » rappelle une inspiration connue, l’insomnie.
L’arrivée du petit matin se confond avec la mort souhaitée.

« Je fixe un océan pervers
Peuplé de pieuvres et de murènes
Tandis que mon vaisseau se perd
Dans les brouillards d’un happy end »

On ne peut que penser à « 113ème cigarette sans dormir »

« Mais moi je n’irai pas plus loin Je tiens ma tête entre mes mains
Guignol connaît pas de sots métiers
Je ris à m’en faire crever ! »
Il n’est pas à se demander longtemps quelle type de cigarette engendre ces visions nocturnes.

L’hommage au tableau « Compartiment C Voiture 293 Edward Hopper 1938″ fait un echo lointain au « Touquet juillet 1925″ oû Thiefaine laisse libre court à son imagination en face d’une photo. Sans grand resultat. On peut aussi rapprocher ce texte des portraits de femme tel « Une provinciale de petite bourgeoisie » 93 ou « Portrait de femme en 1922″ 90. Encore que cette derniere fasse plus penser à ces portrait de putes comme « La môme kaléidoscope » 79 ou « Lorelei sebasto cha » 82. « Infinitives voiles » seraient le pendant curatif et positif du basculement dans la dépression aigue que serait « Petit matin 4.10 heure d’été ». Comme quoi…

Avec « Ta vamp orchidoclaste », Thiefaine parle de l’amie « casse couille » d’un ami.

Pourtant, il n’a pas crache sur les casse-couilles :
« Oh ! Tu n’es pas la première fille qui me tape
Tape-moi encore plus fort, ah ! »

..dans « Groupie 89 turbo 6″ 89
ou « sweet amanite phalloïde queen » 86
« Amour-amok and paradise
Quand elle fumivore ses King Size
Dans son antichambre d’azur
Avant la séance de torture
O sweet amanite phalloïde queen »

On espere qu’il a dépasser ses tendances masochistes.

Mais il n’a pas dépassé ses figures dépressives ,si douce alors a ma vingtaine dépressive, dans « lobotomie sporting club ».

C’est du Thiefaine de caricature.

« Frelons hurlant dans nos crânes
Scorpions rampant dans le crash de nos âmes »

Je reécouterais plutot Ferré chantant le spleen de Baudelaire.

« Les ombres du soir » seraient comme la suite symboliste d’une Marie-Jeanne devenue Ophélie.

« Quebec November Hotel » renvoie aussi à Joe dassin chantant les yeux d’Emilie. Mais cette fois l’hiver gagne.

« Les filles du Sud » est un belle hommage à toute les « Djemila » de Pierre-Philippe.

 

Thiefaine a tout connu, la drogue, l’alcoolisme, la prostitution de sa compagne, la mort des proches :

« La dèche, le twist et le reste » en 78
« Toi tu vis ta vie d’alcoolique
Entre ces quatre murs lamentables
Moi je bricole et je fabrique
Des chansons qui sont invendables
(…)
Et quand on est à bout de fric
Tu fous le camp chez les émigrés
Leur faire découvrir l’Amérique
Dans des passes non déclarées
(…)
Et quand je m’en vais prendre l’air
Du côté des femmes faciles
Tu te jettes sur la bouteille d’éther
Pour ton vol plané à 2000″
Il va mieux. Il a moins à dire. De plus, il s’est laisse convaincre de suivre la mode guitare seche pourri et bidouillages d’ordinateurs de la nouvelle géneration.

Cet album m’a fait acheter celui avec Paul Personne, « Amicalement Blues ».

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Onanisme

Posté par stcyr le 17 mars 2011

trenet_sardou

Tout commence avec Charles Trenet, dont on murmurait quand j’étais gamin qu’il avait eu des ennuis avec la justice en tant que pédophile. Grave accusation qui de nos jours noircirait le souvenir du merveilleux fou chantant, si on ne souvenait que, jeune homosexuel dans les annes 30, il avait du être arreté lors des rencontres fortuites, peut être dans ces pissotieres qu’on appelait des tasses, qui étaient le lot d’une sexualité marginalisée alors, avec de jeunes hommes à qui il suffisait d’être de moins de 21 ans pour etre mineur, et ce jusqu’à 1974. Trenet n’a jamais revendiqué, chanté l’homosexualité. Quand interrogé si il se definissait comme Gay, il repondit : « non, seulement joyeux ».

Discrêt par force sur sa propre sexualité, il expose les dessous de la bourgeoisie dans « la folle complainte » (1952), oú il evoque la bonne « avec une passoire, se donnant de la joie ». Incroyable audace et défi à l’hypocrisie de l’époque.
En 57, Boris Vian écrit « le voyeur » oú il décrit les états d’âmes d’un mateur regardant sa voisine par le trou de la serrure puis à la jumelle, sans oser decrire plus avant ce que celui-ci fait des ses mains. Néanmoins, il évoque une paire de mains dans la chanson :
« Une épaule se dégage
Il irait volontiers lui donner un coup d’main (…)
Ell’ n’a plus qu’un petit truc de dentelle
Mais quelle est cett’ main qui passe »

En 72, Sardou évoque dans « le surveillant general » la pratique du pensionnaire qui se faisait plaisir, qui se faisait dormir en s’inventant un monde rempli de femmes aux cheveux roux.
Sardou, qui incarnait une forme de machisme, aborde une sujet délicat de la masculinité.

Si délicat en fait qu’en 75, Serge Koolenn écrit dans « j’ai encore rêvé d’elle »
« Je l’ai rêvée si fort
Que les draps s’en souviennent »
Poêtique évocation d’une séance de branlette, éjaculation spontanée?
L’année suivante, Gainsbourg boucle la boucle en décrivant longuement tout le processus de l’onanisme feminin dans les « Variations sur Marilou ».

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Divorce

Posté par stcyr le 17 mars 2011

sardou_reggiani


La tradition de la chanson réaliste a souvent traité sur le mode tragique la rupture.
La mort y semble presque être seule capable de séparer les amants ou la femme est quittée par l’homme dont elle est l’esclave.
Pourtant, la rupture et ses circonstances, ses conséquences vont evolués dans les paroles.
Serge Reggiani en 1967 chante « le petit garcon » :

 

« Mon garçon, mon amour
Comme tu lui ressembles!
On reste tous les deux
On va bien jouer ensemble
On est là tous les deux
Seuls
Ce soir elle ne rentre pas
Je n’sais plus, je n’sais pas
Elle écrira demain peut-être
Nous aurons une lettre »

Dans la meme perspective de l’homme delaissé, Aznavour chante dans « Désormais » en 69 :

« Désormais On ne nous verra plus ensemble
Désormais
Mon cœur vivra sous les décombres
De ce monde qui nous ressemble
Et que le temps a dévasté
Désormais
Ma voix ne dira plus je t’aime
Désormais
Moi qui voulais être ton ombre
Je serai l’ombre de moi-même
Ma main de ta main séparée »

Séparés, le mot est lache.
La faute est sur maintenant sur la femme, la mere.
Pointe alors l’idee qu’il n’y ai pas de fautif quand en 1972, Joe Dassin chante :

« On s’est aimés comme on se quitte
Tout simplement sans penser à demain
À demain qui vient toujours un peu trop vite
Aux adieux qui quelque fois se passent un peu trop bien
On fait c’qu’il faut, on tient nos rôles
On se regarde, on rit, on crâne un peu
On a toujours oublié quelque chose
C’est pas facile de se dire adieu
(…)De ce roman inachevé on va se faire un conte de fées
Mais on a passé l’âge, on n’y croirait plus »

« Salut les amoureux » est une chanson de rupture.
Il n’est pas encore question de divorce.
Mais en 73 aussi, Michel Delpech chante :

« On pourrait dans les premiers temps
Donner la gosse à tes parents,
Le temps de faire le nécessaire.
Il faut quand même se retourner.
Ça me fait drôle de divorcer,
Mais ça fait rien: je vais m’y faire.
Si tu voyais mon avocat,
Ce qu’il veut me faire dire de toi:
Il ne te trouve pas d’excuses.
Les jolies choses de ma vie,
Il fallait que je les oublie:
Il a fallu que je t’accuse. »

Cette fois, la procedure est evoque.
Meme a l’amiable, le divorce requiert une plainte, une faute et un fautif.
L’avocat doit presenter des preuves.
Cette chanson est un des plus gros succes de Delpech.
Elle fait echo du vecu des couples de l’epoque.
Claude Francois et la petite Frédérique Barkoff vont faire un succes imprevu en chantant en 1974:

« Oh oui! mais comme maman travaille
C’est la voisine qui m’emmène à l’école
Il y a qu’une signature sur mon carnet
Les autres ont celle de leur papa, pas moi
Oooooh dis-lui que j’ai mal
Si mal depuis six ans
Et c’est ton âge, mon enfant
Ah non! moi, j’ai cinq ans
Eh! dis, tu la connaissait ma maman avant
Pourtant elle m’a jamais parlé de toi »

Inspire du film « Scarecrow » de Jeery Schatzberg (73)
la chanson s’imposera tout de suite comme un tube
quand elle n’etait qu’une face B.
Ces deux succes ont-ils contribues a faire evoluer la societe ou n’etaient ils que les symptomes d’une realite auquel la loi peinait a s’adapter?
En 75, Giscard, elu un an avant, promeut le divorce par consentement mutuel.
La loi a rattrape l’usage, la vie.
Higelin chante en 78

« Pars, surtout ne te retourne pas
Pars, fait ce que tu doit faire sans moi
Quoiqu’il arrive je serait toujours avec toi
Alors pars et surtout ne te retourne pas
Oh pars… mais l’enfant
L’enfant il est la il est avec moi »

Separation plus que consentie, encouragee, heureuse.
Consentie, meme a contrecoeur, la rupture chantee par Eddy Mitchell en 79 dans « tu peux preparer le cafe noir » :

« Je n’t'avais pas promis mes plus belles années
Elles sont loin derrière moi mais le passé c’est le passé
L’important aujourd’hui bien sûr c’est ton bonheur
Mais je l’vois mal parti avec cet oiseau de malheur »

Pourtant, la possibilité du choix ne prémunis pas contre la peine.
La meme année, Veronique Sanson chante :

« Toute une vie sans te voir
C’est ça qui me fait mal
C’est ça qui me fait vieillir
C’est ça qui me fait maudire
Certains choix du hasard
Voilà
Le temps passe et passera
J’ai déjà des cheveux gris
Je ne peux plus brûler ma vie »

A posteriori, on aurait tendance a associé ce texte à Michel Berger comme les montages youtube l’illustre.
Pourtant, la chanteuse venait de se séparer de Christopher Still et rentre des USA.
Quelle loi s’est alors appliquée, americaine ou francaise?
Peu importe, il n’en est question dans le texte.
Enfin, le divorce est entré dans les moeuirs tant et si bien que Sardou en 92 chante « Divorce a l’amitie » :

« On prendra le même avocat. Ce sera le tien si tu veux.
Aie complèt’ment confiance en moi. La guerre de toi n’aura pas lieu…
On aura les torts partagés. C’est un divorce à l’amitié. »

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Delpech 66

Posté par stcyr le 30 novembre 2010

J’ai une tendresse particulière pour Michel Delpech et je ne comprends toujours pas pourquoi il a oublié ma naissance dans « Inventaire 66″.

delpech

Il y fait un inventaire de la société francaise, surtout parisienne, de son temps. Il y mèle des allusions aux mêtiers, à la culture en général, de Genet à Bond , à la mode, aux changements urbains intervenant dans la capitale…un peu de contexte international mais surtout un trait politique avec le refrain « et toujours le même président.. »

Ce vers lui vaudra de passer au Sacha Show en 1972 avec des paroles adaptées ne faisant plus allusion au general.

Il ne faut pas minimiser la liberation qu’induit Giscard sur l’ère Gaulliste-Pompidolienne. En 77, Eddy mitchell peut evoquer 1957, ses débuts, en disant notamment:

« Et les Blousons Noirs brûlaient leurs dernières nuits
Avant de partir pour Alger Algérie
Et la voix d’Elvis chantait « Good Rockin’ tonight »

Et Charles de Gaulle prenait le pouvoir
Promettant les mille et une nuits aux Pieds-Noirs  »

La même nostalgie des débuts fait écrire Edmond Bacri, alias Eddy Marnay, pied-noir, en 76 sur l’année 62 de Claude Francois:

« Le rock’n'roll venait d’ouvrir ses ailes
Et dans mon coin je chantais belle, belle, belle
Et le public aimait ça

Déjà les Beatles étaient quatre garçons dans le vent
Et moi ma chanson disait marche tout droit

Cette année-là
Quelle joie d’être l’idole des jeunes
Pour des fans qui cassaient les fauteuils
Plus j’y pense et moins j’oublie  »

puis en 78, il ecrit pour Frida Boccara « L’année ou Piccoli… » c-a-d 1970
« On s’aimait tendrement
Et c’était l’été
Qui mourait au moment
Où tu m’as quittée
Cette année où Piccoli
Jouait « Les choses de la vie »
Toute ma vie
Je m’en souviendrai

Le quinze août à Paris
Nous nous inventions
Des Bretagne de pluie
Près du Panthéon
A cinq heures du matin
On prenait le Quartier Latin
A coup de rires
A coup de violons »

Une rupture est intervenu qui définit un avant et un apres 68.

Entretemps, Gainsbourg écrit en 68 sur l’année suivante: « 69 annee erotique » et Nougaro scelle le sort du mois de « Mai, Paris, Mai »

« …
Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil
La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile »

La nostalgie de Voulzy dans « Rockcollection » en 77:

« Au printemps 66 je suis tombé fou amoureux
Ça m’a fait plutôt mal j’avais de l’eau dans les yeux  »

Vingt ans plus tard, Julien Baer chante :

« Emmène moi sur ton nuage, mes amis me trahissent
Emmène moi dans tes bagages en Juillet 66

Le nouveau monde et puis l’ancien
veulent arreter la guerre,
On pourrait croire qu’arrive enfin
un nouveau millenaire »

Alors, qu’avaient-ils tous?

Delpech, en 75, pour les raisons que j’évoquais (nouvelle ère, nostalgie des debuts…) projète un futur anterieur dans « Quand j’etais chanteur »

delpech

mais Voulzy demarrait , Julien Baer n’avaitque deux ans. Alors?

Quand je serais revélé au monde comme le prochain messie, alors on comprendra qu’il y avait une urgence à se remémorer l’année 66. Ai-je mentionné que je suis né en 66?

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Intertextualité [1] : la femme est l’avenir de l’homme

Posté par nmqp le 29 novembre 2010

Il y a longtemps que je prends plaisir aux allusions dans les chansons. Allusions à une phrase, un vers, un titre. Puisées dans d’autres chansons, dans des poèmes, dans la littérature, dans le corpus des citations. La phrase-matrice constitue un hypertexte plus ou moins évident et elliptique, et éclaire le sens d’une assertion.

Un exemple:
« J’ déclare pas, avec Aragon,
Qu’ le poète a toujours raison.
La femme est l’avenir des cons,
Et l’homme n’est l’avenir de rien. » affirme Renaud dans Où c’est qu’j’ai mis mon flingue ?

Ce qui saute aux oreilles, c’est l’absent, Ferrat. Car, au fond, connaissons-nous vraiment l’origine de la citation ? Moi, non. Une rapide recherche me permet de savoir qu’il s’agit d’un vers extrait du Fou d’Elsa, recueil de 1963 :

« L’avenir de l’homme, c’est la femme. Elle est la couleur de son âme. »

Dans la mesure où le recueil, qui compte cependant de nombreux poèmes dédiés encore et toujours à Elsa Triolet, semble traiter de l’Andalousie et du rapport avec la culture et le monde arabo-musulman, on comprend par ricochet que Renaud ne cite pas tant Aragon que Ferrat :

« Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l’avenir de l’homme. » in La femme est l’avenir de l’homme.

Sentence généreuse et ridicule : c’est tout Ferrat. Comment lui en vouloir, Elvire ? Il n’y a pas tant de féministes que cela, dans la chanson des années soixante. Vingt ans plus tard, Sardou, « intertextuant » à son tour un littérateur, Rudyard Kipling, conclue sa chanson par ces mots :

« Et si dans son bonheur, tu vois le tien qui brille,
Ce jour-là tu seras une femme, ma fille… »

Son bonheur, c’est bien celui de son compagnon – On notera le très grand nombre de perles de cette chanson, que je ne dénigre pas pourtant – je trouve touchante la tentative désespérée dans les 80’s de s’accrocher au modèle de la matrone modeste et aimante… : vulnérabilité sexuelle (Si tu peux supporter l’idée qu’il est plus fort /Pas dans les joies du cœur, mais dans les jeux du corps), défense du porte-jarretelle (Si tu sais te servir de ta beauté, ma belle / Et pour lui faire plaisir t’encombrer de dentelles), démarcation des quasi lesbiennes du MLF (Si tu n’écoutes pas la voix des mal-aimées / Qui voudraient à tout prix te citer comme témoin / Au procès du tyran qui caresse ta main) avec la jolie variation intertextuelle sur le charmant qualificatif de mal-b…, sans doute charge contre les pro-IVG (Si tu as bien compris que source de la vie / Tu n’as rien de commun avec qui la détruit) – avec mansuétude on inclura les militaires, les despotes et les terroristes dans la communauté des malfaisants – et enfin sultane intrépide du retour de flamme (Si tu prends le pouvoir, certains soirs de rafale / Pour guider le bateau, cap sur la bonne étoile). Ah tiens, l’orgasme ça mouille et ça vente !
Revenons un instant à Ferrat, le communiste préoccupé de féminisme, qui livre avec candeur dans la même chanson le noble rôle qu’il dévolue au poète contre les autocrates machos et tartuffes: « Dans les hommes qui font les lois / Si les uns chantent par ma voix / D’autres décrètent par la bible » Le chant de l’âme contre le décret liberticide et phallocrate. Et Benoît XVI qui continue à faire des bulles avec les préservatifs !

Je pense que c’est cette pose grandiloquente, plus encore que le fond politique, qui a suscité le commentaire acerbe de Renaud à l’égard de la formule : celui-ci n’a-t-il pas chanté les louanges du genre féminin dans Miss Maggie ?
On peut émettre deux hypothèses encore. L’une est psychanalytique : si la femme est l’avenir de l’homme, quid du pénis dans le futur ? C’est bien gentil de parler d’âme, mais va-t-on castrer le genre humain mâle ? Queue nenni !

« Femme je t’aime, surtout, enfin
pour ta faiblesse et pour tes yeux
quand la force de l’homme ne tient
que dans son flingue ou dans sa queue » (Miss Maggie)
Bon, Renaud n’est pas terrorisé, semble-t-il.

Mais alors, si elle est l’égale de l’homme, elle ne peut pas être son avenir. Potentiellement, elle n’est pas mieux.

« Mais les femmes toujours
Ne ressemblent qu’aux femmes
Et d’entre elles les connes
Ne ressemblent qu’aux connes
Et je ne suis pas bien sûr
Comme chante un certain
Qu’elles soient l’avenir de l’homme » (La ville s’endormait – Jacques Brel)

Ce qui est certain, c’est qu’il y en a certains dont le projet est sûr : se foutre de la gueule des chanteurs engagés incertains – qui connaît l’improbable chanson de Ferrat sur les caissières de supermarché?

« O vendeuses chéries en matière plastique
Prenez mon plasti-cœur et mes plasti-baisers » (Prisunic)
Si l’on rapporte cette petite merveille à un extrait de la célébrissime chanson « La Montagne » :
« Il faut savoir ce que l’on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones »

Y’a pas, il y a du Pierre Bachelet chez cet homme-là. « Cette manière de traverser / quand elle s’en va chez le boucher (…) cette silhouette vénitienne quand elle se penche à ses persiennes » (Elle est d’ailleurs)
(Ferrat aussi)
(ou alors c’est à cause de la moustache)

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Jean-Pierre Nataf

Posté par stcyr le 28 novembre 2010

nataf_innocent
Je deviens, là, sous vos yeux, un habitué de la Playlist de libération.fr.
J’ai longtemps résisté. Je suis plein de préjugés, dont celui que, concernant la musique, les journalistes de Libé sont des parisiens prétentieux. Leurs goûts pourtant recoupent les miens bien souvent et ils m’ont fait decouvrir Aloe Blacc, Melodie Gardot…
Mais ils ont le don de promouvoir des médiocrités décretées « hypes », spécialement dans la production française qui m’irritent.
Pourquoi? J’ai herité, comme mon frère, du gout obsessionel pour la chanson française. Ce dernier adore Christophe, « les mots bleus » adoubés par Bashung. Moi, Christophe, je pense que c’est ce qu’on voit a la fin de « Quand j’étais chanteur »: Un chanteur ringard mais connu.

Bashung, lui même, idole de Libé, est aussi celle de mon cousin et de mon frère. Pour moi, il écrit des textes dont l’obscurité fait parfois lieu de poésie. J’y reviendrais.
Pourquoi Matthieu Boogaerts serait-il davantage qu’un minimaliste easylistening sans grand talent (il ne suffit pas de faire des rimes répetitives pour être Gainsbourg)? A cause de la prétention intellectuelle qui niche en chacun de nous. En France, particulièrement, briller en etant un de ceux qui « savent » est valorisé. Libé dit que c’est bien, donc ca doit l’être même si j’y comprends rien, donc j’aime.
Et cette prétention intellectuelle, dont Libé et un vecteur et un symptôme, pas la cause, ce serait beaucoup pour un journal, s’applique à toute la chanson française et aussi à la musique qui ne connait pas de frontière comme chacun sait. Et comme il n’est pas facile de parler clairement de ce qui n’a pas de sens, le bla bla critique est parfois aussi creux et abscons que les chanteurs à texte surévalués. Autant il m’a été éclairant d’entendre des musiciens parler de Thelonious Monk, le comparant dans ses ruptures harmoniques à Debussy, malgré mon ignorance de la musique, autant il est risible d’entendre des critiques, pas plus musiciens que moi, mettre en mot les raisons de préferer untel à untel. Si on ne vulgarise pas la technique, on ne met en avant que ses goûts. Je vous renvoie à cette playlist de Libé où le critique Christian Losson, à propos de Pamela Hute, dit:  » …un peu brillant, un peu patiné, un peu mat  » Les correspondances Baudelairiennes s’emmêllent.
Cela créer un climat, une echelle de valeur biaisé. Dominique A., parlant aux « inrockuptibles », en 1999 « J’ai une trouille bleue du succès, je ferais tout pour échapper au statut de chanteur populaire. ». Parlant de « la mémoire neuve », il disait qu’il avait conscience de froler l’intelligible, le main stream et devait se garder de cela. L’élitisme devient une valeur en soi. En 2009, il dit : « Le succès foudroyant de son (Philippe Katerine) album Robots après tout, en 2005, m’a fait réfléchir. Je me suis dit que, moi aussi, il faudrait peut-être que je sois un peu plus direct, un peu plus efficace. » Et il donne un entretien tres franc sur l’economie de l’industrie qui est la sienne à arteadio.com. Comme quoi, en viellissant, on peut se détacher de cette prétention française.
Ou y sombrer, comme J.P. Nataf, récent promu de la playlist de Libé qui a le droit à un long clip de la chanson « seul alone » et d’un entretien où il explique son audace d’avoir écrit un long morceau de 9mn. Ce morceau n’est pas mieux, plutôt moins bien et certainement pas moins naïf que « Que la vie est triste, mon amour » de Lalanne, 1981. Mais qui défendra Lalanne maintenant?
Trajectoire inverse, Lalanne a commence comme un prometteur hérault de la chanson française engagé avant de tomber dans la catégorie des vedettes imbues d’elle-mêmes.

nataf_maintenant

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Bashung

Posté par stcyr le 28 novembre 2010

Bashung. Un an déja.
J’ai souvent rigolé avec l’idée que quand un chanteur meurt, c’est une bonne nouvelle, car ça promet l’intégrale.
Bon. J’ai l’intégrale de Brel, J’ai eu celle de Brassens en cassette, copiées par mon père.
J’acheterais bien celle de Barbara, celle de Nougaro.
Pas celle de Gainsbourg, ni Aznavour. Plutôt les meilleurs albums de l’un et une compilation de l’autre.
Et Bashung?
Je voulais l’utiliser comme exemple d’auteur surévalué par la prétention intellectuelle, type Libé.
Mais j’ai relu ses textes pour ça et je ne suis pas sûr.
Comme beaucoup, j’ai connu Bashung par ses tubes et l’album « Novice » que j’avais acheté à l’époque.
J’écoutais ce dernier puisque je l’avais mais je n’aimais pas trop.
Il est la deuxième rupture de Bashung, la première étant  » Play Blessures  » co-écrit avec Gainsbourg et
qui fit un flop ainsi que le suivant écrit également sans Boris Bergman. Il marque un tournant car il contient les première collaboration avec Jean Fauque qui remplacera Boris Bergman comme parolier. Il étrenne une ecriture plus élusive, plus hachée.

Boris Bergman avait initié une manière de double sens,
généralement érotique, qui avait cette poésie de l’étrangeté sans être abscon :

« Elle a tellement plu qu’elle est encore toute mouillée
Elle est encore toute mouillée
Tellement beaucoup qu’elle a plu
Galope, galope
Galope, galope  »
« Douane Eddy » in « Passé le Rio Grande » 1986
Galope se prête au remplacement de l’initiale « G »
(G pour Gisèle qui apparait dans « Roulette russe » et  » Pizza »
ou pour Gabrielle, oh, Gaby?) par une plus sifflante.

Certains textes de Fauque l’ont encore avec plus de gravité, moins de gaudriole mais beaucoup sont surtout obtus.
Je me souviens d’une collègue qui a l’époque de « La nuit je mens » s’écriait
« on m’a vu dans le Vercors sauter a l’elastique! Quelle connerie! ».
Bon, appliquons le filtre Bergman et peut être pouvons nous lire :
« On m’a vu dans le vert corps, sauté à l’élastique, voleur d’Amphore au fond des criques… »
amphore
Mais quoi, souvent, c’est l’impression que fait Godard maintenant : si il y a des clefs, seul l’auteur les a et
chacun projette du sens ou juste un sentiment face à l’opaque du nonsens.

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