Jean-Pierre Nataf

Posté par stcyr le 28 novembre 2010

nataf_innocent
Je deviens, là, sous vos yeux, un habitué de la Playlist de libération.fr.
J’ai longtemps résisté. Je suis plein de préjugés, dont celui que, concernant la musique, les journalistes de Libé sont des parisiens prétentieux. Leurs goûts pourtant recoupent les miens bien souvent et ils m’ont fait decouvrir Aloe Blacc, Melodie Gardot…
Mais ils ont le don de promouvoir des médiocrités décretées « hypes », spécialement dans la production française qui m’irritent.
Pourquoi? J’ai herité, comme mon frère, du gout obsessionel pour la chanson française. Ce dernier adore Christophe, « les mots bleus » adoubés par Bashung. Moi, Christophe, je pense que c’est ce qu’on voit a la fin de « Quand j’étais chanteur »: Un chanteur ringard mais connu.

Bashung, lui même, idole de Libé, est aussi celle de mon cousin et de mon frère. Pour moi, il écrit des textes dont l’obscurité fait parfois lieu de poésie. J’y reviendrais.
Pourquoi Matthieu Boogaerts serait-il davantage qu’un minimaliste easylistening sans grand talent (il ne suffit pas de faire des rimes répetitives pour être Gainsbourg)? A cause de la prétention intellectuelle qui niche en chacun de nous. En France, particulièrement, briller en etant un de ceux qui « savent » est valorisé. Libé dit que c’est bien, donc ca doit l’être même si j’y comprends rien, donc j’aime.
Et cette prétention intellectuelle, dont Libé et un vecteur et un symptôme, pas la cause, ce serait beaucoup pour un journal, s’applique à toute la chanson française et aussi à la musique qui ne connait pas de frontière comme chacun sait. Et comme il n’est pas facile de parler clairement de ce qui n’a pas de sens, le bla bla critique est parfois aussi creux et abscons que les chanteurs à texte surévalués. Autant il m’a été éclairant d’entendre des musiciens parler de Thelonious Monk, le comparant dans ses ruptures harmoniques à Debussy, malgré mon ignorance de la musique, autant il est risible d’entendre des critiques, pas plus musiciens que moi, mettre en mot les raisons de préferer untel à untel. Si on ne vulgarise pas la technique, on ne met en avant que ses goûts. Je vous renvoie à cette playlist de Libé où le critique Christian Losson, à propos de Pamela Hute, dit:  » …un peu brillant, un peu patiné, un peu mat  » Les correspondances Baudelairiennes s’emmêllent.
Cela créer un climat, une echelle de valeur biaisé. Dominique A., parlant aux « inrockuptibles », en 1999 « J’ai une trouille bleue du succès, je ferais tout pour échapper au statut de chanteur populaire. ». Parlant de « la mémoire neuve », il disait qu’il avait conscience de froler l’intelligible, le main stream et devait se garder de cela. L’élitisme devient une valeur en soi. En 2009, il dit : « Le succès foudroyant de son (Philippe Katerine) album Robots après tout, en 2005, m’a fait réfléchir. Je me suis dit que, moi aussi, il faudrait peut-être que je sois un peu plus direct, un peu plus efficace. » Et il donne un entretien tres franc sur l’economie de l’industrie qui est la sienne à arteadio.com. Comme quoi, en viellissant, on peut se détacher de cette prétention française.
Ou y sombrer, comme J.P. Nataf, récent promu de la playlist de Libé qui a le droit à un long clip de la chanson « seul alone » et d’un entretien où il explique son audace d’avoir écrit un long morceau de 9mn. Ce morceau n’est pas mieux, plutôt moins bien et certainement pas moins naïf que « Que la vie est triste, mon amour » de Lalanne, 1981. Mais qui défendra Lalanne maintenant?
Trajectoire inverse, Lalanne a commence comme un prometteur hérault de la chanson française engagé avant de tomber dans la catégorie des vedettes imbues d’elle-mêmes.

nataf_maintenant

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