Onanisme

Posté par stcyr le 17 mars 2011

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Tout commence avec Charles Trenet, dont on murmurait quand j’étais gamin qu’il avait eu des ennuis avec la justice en tant que pédophile. Grave accusation qui de nos jours noircirait le souvenir du merveilleux fou chantant, si on ne souvenait que, jeune homosexuel dans les annes 30, il avait du être arreté lors des rencontres fortuites, peut être dans ces pissotieres qu’on appelait des tasses, qui étaient le lot d’une sexualité marginalisée alors, avec de jeunes hommes à qui il suffisait d’être de moins de 21 ans pour etre mineur, et ce jusqu’à 1974. Trenet n’a jamais revendiqué, chanté l’homosexualité. Quand interrogé si il se definissait comme Gay, il repondit : « non, seulement joyeux ».

Discrêt par force sur sa propre sexualité, il expose les dessous de la bourgeoisie dans « la folle complainte » (1952), oú il evoque la bonne « avec une passoire, se donnant de la joie ». Incroyable audace et défi à l’hypocrisie de l’époque.
En 57, Boris Vian écrit « le voyeur » oú il décrit les états d’âmes d’un mateur regardant sa voisine par le trou de la serrure puis à la jumelle, sans oser decrire plus avant ce que celui-ci fait des ses mains. Néanmoins, il évoque une paire de mains dans la chanson :
« Une épaule se dégage
Il irait volontiers lui donner un coup d’main (…)
Ell’ n’a plus qu’un petit truc de dentelle
Mais quelle est cett’ main qui passe »

En 72, Sardou évoque dans « le surveillant general » la pratique du pensionnaire qui se faisait plaisir, qui se faisait dormir en s’inventant un monde rempli de femmes aux cheveux roux.
Sardou, qui incarnait une forme de machisme, aborde une sujet délicat de la masculinité.

Si délicat en fait qu’en 75, Serge Koolenn écrit dans « j’ai encore rêvé d’elle »
« Je l’ai rêvée si fort
Que les draps s’en souviennent »
Poêtique évocation d’une séance de branlette, éjaculation spontanée?
L’année suivante, Gainsbourg boucle la boucle en décrivant longuement tout le processus de l’onanisme feminin dans les « Variations sur Marilou ».

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Divorce

Posté par stcyr le 17 mars 2011

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La tradition de la chanson réaliste a souvent traité sur le mode tragique la rupture.
La mort y semble presque être seule capable de séparer les amants ou la femme est quittée par l’homme dont elle est l’esclave.
Pourtant, la rupture et ses circonstances, ses conséquences vont evolués dans les paroles.
Serge Reggiani en 1967 chante « le petit garcon » :

 

« Mon garçon, mon amour
Comme tu lui ressembles!
On reste tous les deux
On va bien jouer ensemble
On est là tous les deux
Seuls
Ce soir elle ne rentre pas
Je n’sais plus, je n’sais pas
Elle écrira demain peut-être
Nous aurons une lettre »

Dans la meme perspective de l’homme delaissé, Aznavour chante dans « Désormais » en 69 :

« Désormais On ne nous verra plus ensemble
Désormais
Mon cœur vivra sous les décombres
De ce monde qui nous ressemble
Et que le temps a dévasté
Désormais
Ma voix ne dira plus je t’aime
Désormais
Moi qui voulais être ton ombre
Je serai l’ombre de moi-même
Ma main de ta main séparée »

Séparés, le mot est lache.
La faute est sur maintenant sur la femme, la mere.
Pointe alors l’idee qu’il n’y ai pas de fautif quand en 1972, Joe Dassin chante :

« On s’est aimés comme on se quitte
Tout simplement sans penser à demain
À demain qui vient toujours un peu trop vite
Aux adieux qui quelque fois se passent un peu trop bien
On fait c’qu’il faut, on tient nos rôles
On se regarde, on rit, on crâne un peu
On a toujours oublié quelque chose
C’est pas facile de se dire adieu
(…)De ce roman inachevé on va se faire un conte de fées
Mais on a passé l’âge, on n’y croirait plus »

« Salut les amoureux » est une chanson de rupture.
Il n’est pas encore question de divorce.
Mais en 73 aussi, Michel Delpech chante :

« On pourrait dans les premiers temps
Donner la gosse à tes parents,
Le temps de faire le nécessaire.
Il faut quand même se retourner.
Ça me fait drôle de divorcer,
Mais ça fait rien: je vais m’y faire.
Si tu voyais mon avocat,
Ce qu’il veut me faire dire de toi:
Il ne te trouve pas d’excuses.
Les jolies choses de ma vie,
Il fallait que je les oublie:
Il a fallu que je t’accuse. »

Cette fois, la procedure est evoque.
Meme a l’amiable, le divorce requiert une plainte, une faute et un fautif.
L’avocat doit presenter des preuves.
Cette chanson est un des plus gros succes de Delpech.
Elle fait echo du vecu des couples de l’epoque.
Claude Francois et la petite Frédérique Barkoff vont faire un succes imprevu en chantant en 1974:

« Oh oui! mais comme maman travaille
C’est la voisine qui m’emmène à l’école
Il y a qu’une signature sur mon carnet
Les autres ont celle de leur papa, pas moi
Oooooh dis-lui que j’ai mal
Si mal depuis six ans
Et c’est ton âge, mon enfant
Ah non! moi, j’ai cinq ans
Eh! dis, tu la connaissait ma maman avant
Pourtant elle m’a jamais parlé de toi »

Inspire du film « Scarecrow » de Jeery Schatzberg (73)
la chanson s’imposera tout de suite comme un tube
quand elle n’etait qu’une face B.
Ces deux succes ont-ils contribues a faire evoluer la societe ou n’etaient ils que les symptomes d’une realite auquel la loi peinait a s’adapter?
En 75, Giscard, elu un an avant, promeut le divorce par consentement mutuel.
La loi a rattrape l’usage, la vie.
Higelin chante en 78

« Pars, surtout ne te retourne pas
Pars, fait ce que tu doit faire sans moi
Quoiqu’il arrive je serait toujours avec toi
Alors pars et surtout ne te retourne pas
Oh pars… mais l’enfant
L’enfant il est la il est avec moi »

Separation plus que consentie, encouragee, heureuse.
Consentie, meme a contrecoeur, la rupture chantee par Eddy Mitchell en 79 dans « tu peux preparer le cafe noir » :

« Je n’t'avais pas promis mes plus belles années
Elles sont loin derrière moi mais le passé c’est le passé
L’important aujourd’hui bien sûr c’est ton bonheur
Mais je l’vois mal parti avec cet oiseau de malheur »

Pourtant, la possibilité du choix ne prémunis pas contre la peine.
La meme année, Veronique Sanson chante :

« Toute une vie sans te voir
C’est ça qui me fait mal
C’est ça qui me fait vieillir
C’est ça qui me fait maudire
Certains choix du hasard
Voilà
Le temps passe et passera
J’ai déjà des cheveux gris
Je ne peux plus brûler ma vie »

A posteriori, on aurait tendance a associé ce texte à Michel Berger comme les montages youtube l’illustre.
Pourtant, la chanteuse venait de se séparer de Christopher Still et rentre des USA.
Quelle loi s’est alors appliquée, americaine ou francaise?
Peu importe, il n’en est question dans le texte.
Enfin, le divorce est entré dans les moeuirs tant et si bien que Sardou en 92 chante « Divorce a l’amitie » :

« On prendra le même avocat. Ce sera le tien si tu veux.
Aie complèt’ment confiance en moi. La guerre de toi n’aura pas lieu…
On aura les torts partagés. C’est un divorce à l’amitié. »

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