HFT bio

Posté par stcyr le 12 avril 2011

hft

On peut se faire une bio, plus ou moins imaginaire de Thiefaine, au travers de ses textes.
Tout commence « When Maurice meet Alice » 2005
« Ils étaient sortis de l’enfance
Comme des fantômes d’un vestibule
Avec un fichier sur leurs chances
& des fleurs sur leurs matricules
Elle était belle comme un enfer
Avec ses yeux bleus d’insomnie
Il était fort comme l’est un père
Quand on le regarde petit
(…)
Elle, elle etait surtout fortiche
Pour faire les mômes & les aimer
Lui, il rallumait sa cibiche
Avant de partir pour pointer
& nous on était la marmaille
Disciplinée mais bordélique
A les emmerder vaille que vaille
Pour les rendre plus prophétiques »
Aprés guerre, donc…

St Empire Romain Germanique 78

« Tout comme ses autres copains mon père
S’en revenait de Germany
Quand on leur a dit les petits pères
Faut nous faire de la démographie
Moi c’est comme ça que j’ai débarqué
Par un beau matin aux aurores
La guerre venait de se terminer
On revendait les miradors(…)
Pourtant on m’a donné l’enfance
D’un petit Français bien rassasié
Jusqu’à l’école où Mendès France
Venait nous donner la tétée »

Mendes-France fait distribuer en 54 un verre de lait par écolier, puis dans les casernes.
Souvenir de lait dans « la ruelle des morts » 11
« Avec nos bidons en fer blanc
On descendait chercher le lait
A la ferme au soleil couchant
Dans l’odeur des soirs de juillet
On avait l’âge des confitures
Des billes et des îles au trésor
Et l’on allait cueillir les mûres
En bas dans la ruelle des morts
(…)
Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs 16 ans
Pour une bouiffe de Royale Menthol »

Autre version de l’adolescence dans

Villes natales et frenchitude 90
« Voici la statue du grand homme
Sous le spectre des marronniers
Où l’on croqua la première pomme
D’une quelconque vipère en acné
Et voici les murs du lycée
Où t’as vomi toutes tes quatre heures
En essayant d’imaginer
Un truc pour t’arracher le coeur »

Enfin, adulte, chanteur.
Il est facile de partager la discographie et donc, le vie supposée en regardant les pochettes:
78/80
Les pochettes de « tout corps vivant.. », « autorisation de delirer », « de l’amour,… » montrent ou pas un thiefaine méconnaissable, grimé et baba cool. Il débute et ses influences se font fortement sentir encore.
Il ecrit sa propre version de « la vie d’artiste » de Ferré dans « Je t’en remets au vent » 78
Il s’essaie aux alliterations en o à la Gainsbourg dans « l’amour mou » 80
Il exprime un nihilisme politique teinte d’un souci ecologique dans « homme politique, le roll-mops ou la cuve a mazout », « Alligators 427″ 79.
Il se réfère dans cette dernière au « grand merdier (ou l’espoir pour demain) » de Louis Leprince-Ringuet paru en 78. Le folk y côtoit dada. Il s’y fait le chantre du chanvre dans « la fille du coupeur de joint » 78.
C’est le temps des relations qui se finissent « je t’en remets au vent », « Vendome gardenal snack ». Ce dernier titre laisse deviner la prochaine phase.

81/82
Cette paire de couverture illustre le tournant rock/drogue dure.

« Les dingues et les paumes » 81
« Puis ils disent à leur reine en riant du boycott
La solitude n’est plus une maladie honteuse
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso
Mon cheval écorché m’appelle au fond d’un bar
Et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
M’invite à faire danser l’aiguille de mon radar »

Les ruptures sentimentales sont remplacés par des overdoses et des des enfermements psychiatriques.

Une fille au rhesus negatif 81
« Je regarde l’aiguille s’enfoncer dans ta peau (…)
Un aigle lentement tourne autour de ta chambre (…)
Les ambulances attendent le long des terrains vagues »

redescente climatisee 81
« Petite gosse fugitive accrochée dans mes nerfs
Je t’ai rêvée ce soir au fond d’une ambulance
Qui me raccompagnait vers mes verts paradis »
autoroutes jeudi d’automne 82
« Elle m’envoie des cartes postales de son asile
M’annonçant la nouvelle de son dernier combat
Elle me dit que la nuit l’a rendue trop fragile
Et qu’elle veut plus ramer pour d’autres Guernica »

mais surtout Exil sur planete-fantome 81
raconte la vie de junkies avec les copines se prostituant …
« En ce temps-là nos fleurs vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins
(…)
Mais entre deux voyages, entre deux verres d’alcool
Nous n’avions pas le temps de décompter nos heures
(…)Aujourd’hui la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide
(…)
Mais je veux vivre encore plus ivre de cramé »
La frequetation des putes encore:
cabaret sainte Lilith 81
« Tu sais comment, comment ça jouit
Les mecs complètement stress
Qui t’réclament aux toilettes
Une p’tite canette, une p’tite fumette
Une reniflette, une seringuette
Une bonne branlette
Et pis ça joue ! Ca jouit ! »
ou Lorelei Sebasto cha 82
« Mon blues a déjanté sur ton corps animal
Dans cette chambre où les nuits durent pas plus d’un quart d’heure
(…)Tu me dis reprends ton fric aujourd’hui c’est gratuit
Lorelei Lorelei
Ne me lâche pas j’ai mon train qui déraille
Lorelei Lorelei
Et j’suis comme un cobaye qu’a sniffé toute sa paille

Tu m’arraches mon armure dans un geste un peu lourd
En me disant reviens maintenant je te connais
Tu m’rappelles mes amants rue Barrée à Hambourg »

84/93
Thiefaine est maintenant sur les pochettes. Les deux precedents album l’ont fait connaitre
à une generation (la mienne et celle de mon frere ainé) post punk.
Il ne chante plus la deche mais les tournées, les aeroports, les insomnies…
L’alcool semble prendre le pas sur la drogue.

Dans nyctalopus airline 84
« Au nom du père au nom du vice
Au nom des rades et des mégots
Je lève mon hanap et je glisse (…)
Je leve ma Guinness et je glisse »
La peur durant les vols inspire :
Femme de Loth
« J’écoute siffler le vent à 11500 mètres
Pendant que ma voisine clignote sur mon vu-mètre
Et j’imagine son cri, ses crimes et ses dentelles »
un vendredi 13 à 5h
« Ce jour-là j’pèterai mon cockpit
Dans la barranca del muerto
(…)Et les anges de la dernière scène
Viendront s’affronter à ma trouille
Passeport, visa, contrôle des gènes
(..)Dans l’étrange ivresse des lenteurs
Et pour arroser mon départ
J’voudrais qu’mon corps soit distillé
Et qu’on paie à tous les traîne-bars
La der des ders de mes tournées »
Les amours de voyage dans la
Chambre 2023 (et des poussieres)

ou « zone chaude mome » 86
« J’vais p’t'être encore attendre avant d’mourir d’amour
J’entends des cons qui causent d’un éternel retour
Et j’ai pas très envie d’repartir à zéro »

Ce mode de vie est resumé

dans Errer humanum est 86
« Aplatis comme de vieilles pizzas
Lâchées d’un Soyouz en détresse
On cherche une nova cognita
Avec un bar et d’la tendresse
Mais trop speedés pour les douceurs
On balance vite les p’tites frangines
Pas prendre pour un courrier du coeur
Les pulsions des glandes endocrines »
Malgre tout, l’amour revient avec
« je ne sais plus quoi faire pour te decevoir » 88
La transition est racontée dans
542 lunes et 7 jours environ 90
« Une fille dans chaque port et un porc qui sommeille
Dans chaque salaud qui rêve d’une crampette au soleil
Et les meufs ça couinait juteuses et parfumées
Dans le bleu carnaval des printemps cutanés
J’en ai connu des chaudes à la bouche animale
A g’nou dans les toilettes ou dans la sciure des stalles
Hélas pour mon malheur j’en ai connu des pires
Qui voulaient que j’leur cause en mourant d’un soupir
Et puis je t’ai connue mais j’vais pas trop charrier
Attendu que j’suis lâche et que ton flingue est chargé »
L’enfant parait un
Septembre rose de 88
De nombreuse réferences à l’amerique du Sud culmine avec l’hommage à Malcom Lowry comme hymne à l’alcoolisme Pulque, Mescal y tequila 88

On remonte plus au nord avec Maalox texas blues 93
« De cuervos en margaritas
De Jack Daniel’s en Texaco
Le vent joue de l’harmonica
Sur la route de San Antonio (..)
De Michelob en Budweiser
Pas facile d’apprendre à mourir »

96/05
Fin de la periode rock&roll.
Les photos sont sobres, elles.
Si on peut supposer que Thiefaine s’est rangé.
Second enfant évoqué dans
Tita dong-dong song 96
L’alcool est bien présent dans
le Chaos de la philosophie 98
ou en belle-famille dans
27eme heure-suite faunesque
« Cette nuit-là je rentrais d’une réunion Tupperware
En compagnie du septième mari de ma douzième épouse
Complètement Johnny walkerisés »

Le nihilisme d’antan se lit maintenant comme une dépression en 2001
Eloge de la tristesse
Fastes de la solitude
encore dans l’étranger dans la glace 05
« Quand je regarde l’avenir
Au fond de mes yeux nécrosés
Le vide a des lueurs d’espoir
Qui laisse une ombre inachevée
Sur les pages moisies de l’histoire
Où je traîne ma frise argentée »

Jusqu’au burn-out d’apres Amicalement Blues.

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supplements d’information

Posté par stcyr le 8 avril 2011

 

hft_supp

 

HFT sort « supplements de mensonge ».

Le premier titre, promis à un certain succés, « la ruelle des Morts » est une évocation de l’enfance.Un truc marrant à faire est de trouver cette ruelle en en tapant le nom, Dôle sur google map. Mais quand à l’évocation du Dôle de son enfance, je préfere « Villes natales et frenchitude », 1990. Thiefaine confesse : »J’ai en fait vécu une dépression qui a duré quarante ans. Quand j’ai commencé la chanson, c’était probablement une façon d’extérioriser un certain nombre de choses. »
« En 2008, j’ai fait un burn out, un pétage de plombs. J’ai fini à l’hôpital, trois mois. »
« J’ai eu la tête occupée par des idées noires pendant 40 ans, alors quand on m’a enlevé ça, tout à coup, je me suis mis à avoir de la place »
Le Parisien 25/02/11
En effet, comparons:

« Villes natales et frenchitude », 1990
« Voici la statue du grand homme
Sous le spectre des marronniers
Où l’on croqua la première pomme
D’une quelconque vipère en acné
Et voici les murs du lycée
Où t’as vomi toutes tes quatre heures
En essayant d’imaginer
Un truc pour t’arracher le coeur »

« la ruelle des Morts » 2011
« Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs 16 ans
Pour une bouiffe de Royale Menthol
Je n’sais plus si c’était Françoise
Martine, Claudine ou Marie-Laure
Qui nous f’saient goûter leurs framboises
En bas dans la ruelle des morts »

« la fievre resurectionnelle » semble parler d’une relation epistolaire via internet oû la femme revée côtoie l’humanité connectée aux quatres coins de la planete. Cela rappelle « la ballade d’Abdallah Geronimo Cohen » 98 oû il évoquait une jeune fille dansant sur la world music par excellence d’Abdallah Geronimo Cohen, ultime produit d’une humanité melangée. Annabel Lee serait un hommage a Poe: http://www.poesie.net/annabel8.htm
La difference notable est que les réferences marines de Poe font place à la flore chere a Thiefaine. Que l’on songe au mediocre « défloration 13″ ou aux excellent « jardins sauvages », 2005

« j’aime rôder vers les fleurs perdues
Dans les jardins sauvages
Aux parfums d’ardoises et de rues
Des villes avant l’orage »

Au fond, c’est un petit gars de la campagne.

« Garbo XW machine » est une etrange ode à la voiture sexualisée.
On est perplexe à voir la bête si on tape XW machine sur google.
Une courte version du « Crash » de Ballard?
Stupide obsession pour les voitures qui s’exprimait deja dans « exercice de simple provocation avec 33 fois le mot coupable » 98 : J’me sens coupable de ne pas être mort le 30 septembre 1955, un peu après 17 heures 40, au volant du spyder Porsche 550 qui percuta le coupé Ford de monsieur Donald Turnupseed.  »

« Petit matin 4.10 heure d’été » rappelle une inspiration connue, l’insomnie.
L’arrivée du petit matin se confond avec la mort souhaitée.

« Je fixe un océan pervers
Peuplé de pieuvres et de murènes
Tandis que mon vaisseau se perd
Dans les brouillards d’un happy end »

On ne peut que penser à « 113ème cigarette sans dormir »

« Mais moi je n’irai pas plus loin Je tiens ma tête entre mes mains
Guignol connaît pas de sots métiers
Je ris à m’en faire crever ! »
Il n’est pas à se demander longtemps quelle type de cigarette engendre ces visions nocturnes.

L’hommage au tableau « Compartiment C Voiture 293 Edward Hopper 1938″ fait un echo lointain au « Touquet juillet 1925″ oû Thiefaine laisse libre court à son imagination en face d’une photo. Sans grand resultat. On peut aussi rapprocher ce texte des portraits de femme tel « Une provinciale de petite bourgeoisie » 93 ou « Portrait de femme en 1922″ 90. Encore que cette derniere fasse plus penser à ces portrait de putes comme « La môme kaléidoscope » 79 ou « Lorelei sebasto cha » 82. « Infinitives voiles » seraient le pendant curatif et positif du basculement dans la dépression aigue que serait « Petit matin 4.10 heure d’été ». Comme quoi…

Avec « Ta vamp orchidoclaste », Thiefaine parle de l’amie « casse couille » d’un ami.

Pourtant, il n’a pas crache sur les casse-couilles :
« Oh ! Tu n’es pas la première fille qui me tape
Tape-moi encore plus fort, ah ! »

..dans « Groupie 89 turbo 6″ 89
ou « sweet amanite phalloïde queen » 86
« Amour-amok and paradise
Quand elle fumivore ses King Size
Dans son antichambre d’azur
Avant la séance de torture
O sweet amanite phalloïde queen »

On espere qu’il a dépasser ses tendances masochistes.

Mais il n’a pas dépassé ses figures dépressives ,si douce alors a ma vingtaine dépressive, dans « lobotomie sporting club ».

C’est du Thiefaine de caricature.

« Frelons hurlant dans nos crânes
Scorpions rampant dans le crash de nos âmes »

Je reécouterais plutot Ferré chantant le spleen de Baudelaire.

« Les ombres du soir » seraient comme la suite symboliste d’une Marie-Jeanne devenue Ophélie.

« Quebec November Hotel » renvoie aussi à Joe dassin chantant les yeux d’Emilie. Mais cette fois l’hiver gagne.

« Les filles du Sud » est un belle hommage à toute les « Djemila » de Pierre-Philippe.

 

Thiefaine a tout connu, la drogue, l’alcoolisme, la prostitution de sa compagne, la mort des proches :

« La dèche, le twist et le reste » en 78
« Toi tu vis ta vie d’alcoolique
Entre ces quatre murs lamentables
Moi je bricole et je fabrique
Des chansons qui sont invendables
(…)
Et quand on est à bout de fric
Tu fous le camp chez les émigrés
Leur faire découvrir l’Amérique
Dans des passes non déclarées
(…)
Et quand je m’en vais prendre l’air
Du côté des femmes faciles
Tu te jettes sur la bouteille d’éther
Pour ton vol plané à 2000″
Il va mieux. Il a moins à dire. De plus, il s’est laisse convaincre de suivre la mode guitare seche pourri et bidouillages d’ordinateurs de la nouvelle géneration.

Cet album m’a fait acheter celui avec Paul Personne, « Amicalement Blues ».

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Jose Augusto Dioses Crisostomo |
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